L’île des Brûmes

Déterminée, Rose poussa la porte de la bruyante taverne, point de rassemblement de tous les marins d’Alrya. Sivi, son amie d’enfance, lui emboita le pas et lorsque les deux femmes se retrouvèrent à l’intérieur, tous les regards se tournèrent vers elles. Il fallait dire que le duo avait une allure particulière. Rose était vêtue d’une longue veste brune, qu’elle avait passée par-dessus une chemise en lin. Á la large ceinture qui serrait sa taille, pendaient un sabre et deux pistolets, tandis qu’un tricorne trônait sur son crâne, laissant échapper de longues boucles brunes. Sivi de son côté masquait ses cheveux châtain clair sous un bandana vert. De grandes boucles en or brillaient à ses oreilles et elle parcourut les clients de la taverne avec son regard bleu ciel. Elle soupira lorsqu’elle se sentit étudiée sous tous les angles par les marins et Rose masqua un sourire. Sivi détestait être observée de la sorte. La jeune femme posa une main sur le pommeau d’un des nombreux couteaux dont elle ne se séparait jamais et elle fusilla du regard ses admirateurs, qui n’en démordirent pas pour autant. L’un d’entre eux se leva et vint se poster devant les deux jeunes femmes, d’un pas titubant.

-Que viennent faire deux donzelles aussi jolies dans un endroit pareil ? demanda le marin qui empestait l’alcool.

Rose le dévisagea un moment, avant de répondre froidement :

-Nous sommes à la recherche d’un sloop, afin de nous rendre sur l’île des brumes.

La pièce fut envahie par les éclats de rire des clients et Rose serra les poings. Un jour, le monde entier la respecterait et ces idiots la supplieraient pour naviguer avec elle. Une fois qu’il réussit à calmer son fou rire, le marin qui s’était avancé, s’exclama :

-L’île des brumes ? Aucun homme n’en est revenu vivant. Ce n’est pas deux petits bouts de femmes comme vous qui viendrez à bout de ce voyage. Et personne n’acceptera de vous y conduire.

-Vous avez du mal me comprendre, répondit calmement Rose. Nous désirons acheter un sloop. Nous le naviguerons nous-même.

Nouvel éclat de rire général et Rose vit Sivi dégainer légèrement l’un de ses couteaux.

-Des femmes qui naviguent ! On aura tout entendu ! lança le marin entre deux rires.

-Il n’y a qu’une seule différence entre les hommes et les femmes, rétorqua Rose. Et c’est une faiblesse.

-Ah oui ? Laquelle ? demanda son interlocuteur, une lueur moqueuse dans le regard.

-Ce qu’il a entre les jambes, marmonna Sivi avant de planter son genou dans l’entrejambes du marin, qui s’écroula au sol en gémissant de douleur. La silence s’abattit enfin sur la taverne et Rose éleva la voix.

-Maintenant que nous avons votre attention et ce, pour les bonnes raisons, je réitère ma demande : qui pourrait nous vendre une embarcation ?

L’île des brumes… L’une des seules terres connues en dehors du continent. La faute à un océan infranchissable qui empêchait toute exploration. Située qu’à quelques kilomètres d’Arilione, l’île des brumes était facilement accessible, bien que personne n’osait s’en approcher. Comme son nom l’indiquait, l’îlot était plongé dans un épais brouillard qui n’avait rien de naturel et tous les curieux qui avaient voulu en percer les mystères avaient disparu à jamais. C’était la raison pour laquelle Rose et Sivi désiraient s’y rendre. Pour prouver leur valeur. Pour prouver que si un jour, quelqu’un devait réussir à traverser l’océan, ce seraient elles. Les deux amies, orphelines depuis toujours, avaient appris à naviguer à bord d’un navire marchand, qui transportaient les transactions commerciales entre le royaume d’Arilione et de Belvia. Et maintenant, elles se sentaient prêtes pour l’aventure. Rose serra plus fermement la barre du sloop qu’un marin leur avait cédé à un prix exorbitant. Mais peu importait. C’était soit la gloire, soit un aller simple. Aussi agile qu’un singe, Sivi avait grimpé tout en haut du mat et observait leur avancée vers l’île maudite. L’air se refroidissait au fil de leur périple et le clapotis des vagues contre la coque se faisait de plus en plus oppressant. Elles avaient pris la mer début d’après-midi et alors qu’elles arrivaient à destination, la nuit commençait à tomber. Rose jura. Elle avait mal calculé son coup et aurait préféré arriver avant l’obscurité.

-Sivi ! appela-t-elle. « Descend de là et allume les lanternes ! »

-Bien mon capitaine ! répondit-elle avec amusement, avant de descendre à toute allure sur le pont. Elle sortit une allumette de sa poche et s’empressa d’allumer les lanternes, alors qu’une épaisse brume enveloppait peu à peu le navire. Un nuage de buée s’échappait désormais à chaque respiration des deux jeunes femmes.

-Je commence à me demander si c’était une bonne idée, marmonna Sivi en se frictionnant les mains. Elle se tourna vers Rose en souriant. « Quoi qu’on trouve sur cette île, je tiendrais tes arrières ».

-Et moi les tiens, répondit son amie, concentrée.

Sivi s’appuya contre le bastingage, essayant de distinguer quelque chose à travers la brume.

-Comment savoir quand s’arrêter avec tout ce brouillard ?

-En avançant en douceur. Remonte la voile, petit à petit.

Sivi hocha la tête et s’exécuta, freinant l’allure du sloop. La nouvelle vitesse du navire, qui se laissait maintenant porter par les vagues, intensifiait l’angoisse des deux amies. Rose tendit l’oreille. Elles ne devaient plus être très loin. Et là, elle l’entendit : le bruit des vagues qui s’écrasait sur la plage.

-Sivi, prépare-toi à jeter l’ancre ! Á mon signal… Maintenant !

Le navire stoppa net et Rose constata qu’elles n’étaient pas passées loin de s’échouer sur la plage. Rose saisit la lanterne qui trônait près de la barre et rejoignit Sivi à la proue du navire. Elle observait la plage qui se dessinait vaguement à travers la brume.

-On y est, murmura-t-elle.

Rose hocha la tête et sans autre hésitation, sauta dans l’eau. Elles s’étaient rapprochées assez pour que l’eau ne dépasse pas sa taille et elle rejoignit facilement la plage, suivie de près par Sivi. Elles levèrent toutes les deux leurs lanternes et découvrirent une épaisse forêt de l’autre côté de la grève. Aucun son ne s’en échappait, comme si la faune était inexistante.

-Tout à fait charmant, commenta Sivi.

Rose décela une pointe d’inquiétude dans la voix de son amie et lui offrit un sourire

encourageant, avant de s’engager dans la forêt. Elles découvriraient les mystères de l’île.

La végétation était épaisse, si bien que les deux amies avançaient lentement. Sans compter qu’elles ne voyaient pas à plus de deux mètres. L’île n’était pas très grande et Rose pensa qu’elles ne mettraient pas longtemps à tout explorer. Soudain, elle se figea. Un bruit venait d’arriver jusqu’à elles. Des sanglots. Des sanglots de femme brisaient le silence qui baignait dans la brume.

-Je vais te faire une confession Rose, commença Sivi. Je suis morte de trouille là.

Rose sourit. Son rythme cardiaque s’était affolé et un frisson lui parcourut l’échine. Elle n’en menait pas large non plus. Elle prit une grande inspiration et se dirigea vers la provenance des pleurs qui semblaient s’intensifier.

-Se diriger vers le truc flippant, bonne idée, marmonna Sivi en lui emboitant le pas avant de s’arrêter à nouveau lorsqu’un bruissement de feuilles se fit entendre sur sa droite. « Rose ? » appela-t-elle, hésitante. Son amie, qui avait également entendu le bruit se retourna. Deux paires d’yeux jaunes brillaient dans la brume et étaient fixés sur Sivi. Rose dégaina lentement l’un de ses pistolets et sa partenaire saisit un coutelas dans chaque main, laissant tomber sa lanterne à ses pieds.

-Salut ? appela Sivi, pas très rassurée. Rose de son côté tint en joue les regards effrayants, guettant le moindre mouvement. Soudain, un courant d’air chaud glissa sur sa nuque et une odeur putride lui titilla les narines. Comprenant juste à temps, Rose se retourna brusquement. Un monstre hideux s’était rapproché d’elle, prêt à la faucher de ses griffes. La créature avait taille humaine, mais possédait de longs bras et de longues jambes disproportionnées. Son corps était d’un gris sombre et son visage, souligné par de longues canines qui dépassaient de sa gueule, était tout ridé. Rose avait déjà vu cette créature. Dans un vieux manuscrit. C’était un karan, un monstre qui ne se déplaçait que par temps de brouillard. Leurs griffes étaient empoisonnées, si bien qu’une seule égratignure entraînait la mort. Furieux d’avoir été repéré par sa cible, le monstre laissa échapper un terrible hurlement et se jeta sur la jeune femme. Mais Rose fut plus rapide. Elle dressa son pistolet et tira. La balle traversa le crâne du monstre, qui s’affaissa au sol.

-Rose ! cria Sivi.

La jeune blonde était en proie avec deux autres karans, ceux qu’elles avaient aperçus dans la brume. Ils avaient profité de la distraction offerte par leur congénère pour attaquer. Sivi, avec son agilité légendaire, esquivait les attaques des monstres et virevoltait autour d’eux. Rose leva à nouveau son arme et abattit l’un des deux karans. Sivi trancha la main du dernier avant de planter son coutelas dans la gorge de la créature. Un filet de sang noir s’échappa de la plaie lorsque Sivi retira son arme d’un coup sec et le dernier monstre s’écroula.

Sivi rengaina l’un de ses coutelas et ramassa sa lanterne, essoufflée. De son côté, Rose se concentrait sur les sanglots de la femme, qui s’était intensifiés pendant leur combat. Qu’est-ce que cela signifiait ? La jeune femme attendit que son amie la rejoigne, avant de reprendre leur route côte à côte. Elles n’osaient plus échanger le moindre mot, la terreur nouant leurs gorges.

Elles déboulèrent soudain dans une petite clairière, au centre de laquelle se dressait une grande tour en ruine. La brume était moins dense, mais un immense sentiment de tristesse s’abattit sur les deux aventurières. Les pleurs venaient des ruines et résolues, les amies y entrèrent. Les lieux avaient dû être richement décorés à une époque. Mais il ne reste plus que des lambeaux des tapisseries qui étaient toujours accrochées aux murs restants. Les meubles encore debout s’effritaient et au fond de la pièce circulaire, se tenait, majestueux, un grand âtre qui n’avait certainement plus servi depuis bien longtemps. Mais si Rose et Sivi se figèrent d’effroi, c’est à la vue d’une silhouette de femme, assise dans une chaise face à la cheminée. Elles ne la voyaient que de dos mais sa longue chevelure noire, sa robe blanche trouée et sa peau décomposée suffirent à terroriser les deux jeunes femmes. La femme aux sanglots s’arrêta de pleurer et se leva très lentement. Sivi déglutit et Rose serra plus fort la crosse de son pistolet.

-Vous n’auriez pas dû venir, dit la femme d’une voix douce, sans se retourner.

-Qui êtes-vous ? Que se passe-t-il sur cette île ? demanda Rose, la voix tremblante.

-J’étais une noble autrefois. Je vivais sur le Grand Continent avec ma famille…

Le Grand Continent ? Rose était bouche bée. C’était de là que venaient les Premiers Hommes. Ils avaient quitté leur pays d’origine. Mais lorsqu’ils avaient accosté sur les terres qui composaient aujourd’hui les royaumes d’Arlione et de Belvia, ils avaient tout oublié de leur vie passée et des raisons qui les avaient poussés à quitter le Grand Continent. Et c’était depuis ce jour que l’océan était devenu infranchissable.

-Pourquoi avoir quitté vos terres ? Que s’est-t-il passé ? demanda vivement Rose, avide d’informations.

-La mort et la désolation. Et c’est parce que moi seule m’en souvenait et que je ramenais avec moi une part de notre malheur qu’Elfrind m’a enfermé sur cette île.

-L’Archange Elfrind ? demanda Sivi.

La température de la pièce devint soudainement glaciale et la femme se retourna brusquement, fixant Sivi de son visage décomposé avec une haine intense, faisant sursauter les deux amies.

-Il n’a rien d’un Archange ! Il est aussi démoniaque que Satan lui-même ! Il m’a banni ! Il a banni mon petit, mon tout petit…

Rose remarqua un berceau de bois, encore en parfait état parmi les décombres.

-Vous aviez un enfant ?

Le fantôme regarda tendrement le berceau et hocha la tête.

-Peu avant que l’on prenne la mer, j’ai été violée par un démon. C’est seulement lorsque nous sommes arrivés sur les Nouvelles terres qu’Elfrind a remarqué que j’étais enceinte. Il a dit qu’il ne pouvait pas laisser un démon en liberté, qu’il fallait protéger ce qu’il restait des hommes…

La femme éclata à nouveau en larmes et Rose tenta de la calmer, désirant à tout prix en savoir plus.

Un grondement caverneux se fit soudain entendre et la femme arrêta de pleurer.

-Je suis désolée…murmura-t-elle. Mais c’est mon bébé vous comprenez ?

La femme disparut ensuite dans un nuage de fumée.

-R..Ro…Rose, bégaya Sivi d’une voix tremblante.

Rose se retourna et vit dans l’encadrement de la porte une immense silhouette sombre aux yeux rouges. Sivi leva sa lanterne, qui révéla un monstre à la peau aussi noire que la nuit. Il mesurait près de deux mètres, avait de longues oreilles pointues et des crocs acérés. Ses mains étaient terminées par des griffes menaçantes et Rose aperçut derrière lui une longue queue qui traînait au sol.

La bête fixa Sivi et poussa un grand cri qui propulsa la jeune femme contre un mur de la tour.

-Sivi ! cria Rose alors que son amie s’affaissait au sol, assommée. Enragée, Rose leva son pistolet et tira en plein dans la poitrine du démon. La balle pénétra sa chaire et avec un hurlement de douleur, il chargea. Rose plongea au sol pour éviter l’impact et elle tira à nouveau avant de heurter le sol. Elle toucha cette fois la créature à la jambe et la bête percuta le mur, le fracassant comme si ça n’avait été qu’une simple vitre. Rose se releva et jeta son pistolet à terre. Elle était à court de munitions. Elle fixa le démon qui agitait frénétiquement la tête. Foncer dans le mur l’avait probablement étourdi. La jeune femme dégaina son sabre. Elle ne perdrait pas. Elle vaincrait et elle ramènerait Sivi à la maison.

-Approche ! cria la jeune femme.

Le démon s’exécuta et attaqua à nouveau. Rose esquiva et entailla profondément le bras de son adversaire, qui hurla de rage et percuta la jeune femme de son bras indemne. Rose fit un vol plané et roula au sol, en criant de douleur. Elle avait senti les os de son bras gauche se briser. La jeune femme tenta de se relever mais en vain. Le monstre approchait, chacun de ses pas faisant trembler le sol. Rose se traîna jusqu’à se retrouver assise dos au mur. Près d’elle, Sivi était évanouie, étendue par terre. Du sang coulait de sa tempe et Rose caressa doucement ses cheveux, avant de fixer le démon qui se tenait maintenant juste au-dessus d’elles. Il semblait profiter de sa position de puissance, comme en témoignait le rictus victorieux qui traversait son visage. Rose refusait de mourir ici. Elle avait encore trop de choses à accomplir. Elle baissa les yeux et aperçut non loin, sa lanterne gisant au sol. Elle pouvait encore gagner.

Rose tendit son bras valide, qui tenait toujours son sabre. Elle passa sa lame dans l’encoche de la lanterne et d’un geste brusque, la lança sur le démon, qui leva un bras pour se protéger. La lampe se brisa contre sa peau dure et l’embrasa instantanément. Le démon hurla de douleur et s’agita pour tenter d’éteindre les flammes. De son côté, Rose puisa dans ses dernières forces et se redressa en criant de rage, la pointe de son arme dirigée vers le cœur du monstre. Elle le traversa de part en part et elle sentit les flammes lui lécher la peau. Le monstre cria à nouveau. Elle ne céderait pas. Elle était résolue à tenir jusqu’à ce que le démon s’écroule, même si elle devait elle aussi être consumée par les flammes. Soudain, une main lui saisit fermement l’épaule et la tira en arrière. Alors qu’elle tombait sur son séant, Rose remarqua Sivi, un œil fermé par le sang qui coulait de sa blessure à la tête, dresser un long coutelas au-dessus d’elle et le lancer d’un geste vif. La lame traversa l’air et se planta dans le front du monstre, qui dans un dernier hurlement, s’écroula au sol.

-Je sais que t’aimes bien être dans le feu de l’action Rose, mais il ne faut pas prendre l’expression à la lettre, marmonna la jeune femme avant de tomber à genoux. Rose sourit faiblement, fixant les flammes consumer le démon et elle posa sa tête sur l’épaule de son amie.

-Tu as raison, je me suis un peu emballée.

Les deux amies échangèrent un regard complice avant d’éclater d’un rire des plus nerveux.

L’ambiance de la taverne était des plus festives. Une foule s’était formée au centre la pièce, où étaient attablées Rose et Sivi. Au milieu de la table, trônait la tête décapitée du démon de l’île des brumes. Cette preuve irréfutable de leur triomphe avait fait le tour de la capitale et tout le monde parlait des deux aventurières. Ravie, Rose racontait leur périple aux nombreux curieux qui étaient venu. Elle leva son bras valide, l’autre étant entravé par une attelle, pour qu’on remplisse sa chope et plusieurs marins se bousculèrent pour servir la jeune femme. La célébrité était merveilleuse, s’amusa Rose.

-Et c’est donc ce démon qui tuait tout ceux qui accostaient sur l’île ? demanda un marin.

Rose but une gorgée avant de répondre.

-En effet.

Elle n’osait pas rentrer dans les détails. Avec Sivi, elles avaient essayé de recoller les morceaux de l’histoire du démon et de sa mère. L’Archange Elfrind les aurait emprisonnés sur l’île. L’être qui était censé être le plus vertueux que le monde ait connu avait enfermé une femme seule avec le fils d’un démon. Elle doutait qu’en parler ravisse les croyants. Et le fait qu’Elfrind ait effacé la mémoire des habitants… Qu’avait-il bien pu se passer sur le Grand continent ?

Perdue dans ses pensées, Rose ne remarqua pas que le silence s’était abattu sur la taverne. Elle releva la tête et vit deux hommes encapuchonnés qui venait d’entrer. L’un était énorme et la jeune femme vit une hache pendre à sa ceinture. Le deuxième plus petit, dégageait tout de même une prestance qui ne laissa personne indifférent. Il abaissa son capuchon et toute la foule se jeta à genoux, pendant que Sivi et Rose se levait d’un bond, bouche bée. C’était le prince Ocarius, l’héritier du trône. Un large sourire s’afficha sur son visage, alors qu’il fixait la tête du démon.

-Voila donc la créature qui hantait l’île des brumes…Mesdames, je veux tout savoir !

Le cœur de Rose s’emballa. Même le prince voulait écouter ses exploits.